À l’initiative des Boards, Aga Khan Education Board, Economic and Planning Board et Youth & Sports Committee, une cinquantaine de personnes de tout âge ont eu l’opportunité d’apprendre sur 2 technologies émergentes clés de notre société numérique actuelle, à savoir l’intelligence artificielle et la blockchain, grâce à l’intervention de deux experts ismailis en technologie : Aiaze Mitha et Hamza Didaraly.

Lors d’une après-midi au Principal Jamatkhana de Paris, un public intéressé a pu mieux comprendre ces technologies, et surtout, réaliser que notre vie quotidienne est entourée de systèmes intelligents basés sur ces technologies émergentes et que de nombreux domaines économiques et sociaux sont en cours de mutation à cause de l’utilisation massive de ces technologies. Une des conséquences en est la transformation d’un certain nombre de métiers dont certains risquent de disparaître.

La blockchain est une technologie qui permet de stocker et d’échanger des informations de manières sécurisée, fiable et non modifiable. La blockchain rend possible des transactions monétaires sans passer par des intermédiaires, ce qui permet par exemple d’éviter de payer des commissions, comme avec la crypto-monnaie Bitcoin. La blockchain est de plus en plus utilisée par des industries traditionnelles tel que l’agroalimentaire. Les supermarchés utilisent la technologie Blockchain, par exemple avec les codes QR sur les emballages, ce qui permet ainsi de sécuriser toutes les informations relatives à la chaine d’approvisionnement et de production jusqu’à leur arrivée en magasin.

L'intelligence artificielle et la blockchain sont déjà en train de créer de nouvelles opportunités pour les individus, pour la société et pour l'économie mondiale. Ils aident à résoudre de vrais problèmes. Mais, comme lors de tout changement technologique, la technologie a le potentiel de transformer la vie de millions de personnes. Le fait que l’intelligence artificielle créera du chômage ou augmentera les inégalités, dépendra moins de la technologie elle-même que des institutions et des politiques mises en place au niveau des entreprises et des gouvernements. Les entreprises doivent se préparer à une requalification massive (des travailleurs) ; les gouvernements doivent créer des programmes et des politiques pour accompagner les personnes non-qualifiées; et les individus devront prendre eux-mêmes en main le développement de leurs compétences.
Xavier Vasques, WW IBM Systems Center Director, Montpellier.

On parle également beaucoup depuis quelques années de l’intelligence artificielle. C’est une technologie qui désormais fait partie de notre vie quotidienne comme dans nos smartphones avec les diverses applications telles que les réservations d’hôtels, les assistants personnels (Siri ou Google) ou les réseaux sociaux qui utilisent beaucoup l’intelligence artificielle pour mieux cibler les profils individuels. De plus en plus de secteurs utilisent l’intelligence artificielle, comme la médecine pour l’analyse des clichés en radiologie ou les transports avec des systèmes de navigation intelligents ou les voitures autonomes. Les bus et les métros basculent aussi petit à petit vers des systèmes intelligents. 

Les experts en technologie ont évoqué les possibilités offertes par la révolution numérique (nouveaux emplois, services plus personnalisés, possibilités de détecter des maladies grâce à une analyse des données massives) ainsi que les défis auxquels sont confrontées nos économies (impact sur l’environnement en raison de la consommation importante d’énergie et du déficit de compétences). Nos étudiants et lycéens ont ainsi pu découvrir les différents métiers liés à l’intelligence artificielle et se sont rendu compte que la plupart des emplois futurs n’existent pas encore. Selon l’OCDE, 17 % des emplois actuels seront entièrement automatisés et 35 % seront profondément transformés. Pour combler le déficit de compétences, la Commission européenne met en place une politique visant à soutenir des diplômes de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle, notamment au moyen de bourses spécifiques.

La révolution numérique n’est qu’à ses débuts. Cette première rencontre a permis aux parents du jamat de réaliser que le monde du travail de leurs enfants sera profondément différent du leur et leur a permis de soulever de nombreuses questions avec les experts. Un échange prometteur et stimulant qui en appellera d’autres.